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À la découverte de Darel

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Chaque mois nous vous proposons une rencontre avec un des joueurs de notre équipe. Nouveau rendez-vous cette fois avec le petit dernier arrivé au club en avril comme joker médical et qui depuis a bien trouvé sa place : Darel Poirier



Pourrais-tu te présenter ? Darel par Darel…

Ce n’est pas facile de se présenter soi-même… je dirais que je suis quelqu’un d’assez discret même si visuellement on me remarque très vite. J’ai beaucoup d’énergie, j’espère que ça s’est déjà vu sur le terrain, mais c’est la même chose dans ma vie en dehors des parquets. Je suis assez facile à vivre, mais j’aime bien aussi qu’on le laisse tranquille pour faire les choses que j’aime. De même, je suis quelqu’un qui essaye de ne pas déranger les autres quand je fais quelque chose, c’est une question de respect.

Tu as un début de carrière assez atypique, espoir puis prêt en Pro B… puis direction la G-league…

Oui, c’est vrai que ce n’est pas banal. Je n’ai pas fait une bonne saison en Pro B, à Charleville, mais c’était aussi parce que je n’avais pas la confiance du coach. Ça peut paraître prétentieux pour un rookie, mais je pensais que j’avais le niveau pour jouer en Pro A ou en Pro B avec un rôle un peu plus important. Mais je savais aussi que comme jeune joueur j’avais encore plein de choses à travailler, et j’y étais prêt. Mais personne d’autre que moi n’y croyait, pas même mes agents ! Donc, j’ai choisi de partir faire des tests aux États-Unis pour entrer en G-league et ça s’est très bien passé. À l’époque j’avais aussi des touches avec Chartres qui était aussi en Pro B mais, au vu de la saison passée, je n’avais pas vraiment envie de refaire une saison en Pro B.

C’est quelque chose que l’on reproche souvent aux équipes françaises : ne pas suffisamment donner leur chance aux jeunes.

Ça dépend du jeune. Le truc c’est que les équipes veulent et doivent gagner. Mais en France la marge entre les équipes est beaucoup plus réduite qu’ailleurs. En France, si tu veux donner du temps de jeu à un jeune qui va forcément faire des erreurs, puisqu’il n’est pas encore un joueur fini, ça peut te coûter des matchs. Et logiquement, aucune équipe en France n’est prête à perdre des matchs en faisant confiance à un jeune, si elle a les moyens de se payer un joueur qui est déjà prêt à jouer et à performer. Voilà pourquoi on ne fait pas beaucoup confiance aux jeunes en France. Après, ce n’est pas forcément une mauvaise chose, ça motive aussi beaucoup les jeunes, parce qu’ils savent qu’avoir des minutes sur le terrain c’est déjà une forme de reconnaissance. Il y a aussi autre chose qui joue beaucoup par rapport aux autres championnats, c’est le physique. Au niveau technique, je pense que certains jeunes sont prêts, mais pas au niveau physique, car la Jeep ELITE est un championnat très physique. Franchement, à part la NBA, la G-league et l’Euroleague je ne vois pas de championnat plus physique qu’en France. Un jeune de 18 ans peut être prêt à jouer, avoir le talent pour, mais est-ce qu’il pourra encaisser l’impact d’un joueur qui joue depuis 10 ans, qui a un physique prêt pour la bagarre et dont c’est le métier ? Sans doute pas et c’est pour ça qu’on voit peu de jeunes en France, je pense.

Pour en revenir à ta carrière après la G-league, je passe sur les essais dans plusieurs clubs, tu es arrivé en Grèce, à Missolonghi. Là encore c’est complètement atypique…

À ce moment-là j’avais des soucis avec mes agents. J’ai donc décidé de gérer moi-même ma carrière et des équipes m’ont contactés directement par Instagram. Ça peut paraître un peu fou, mais j’avais posté une vidéo d’un de mes entraînements pour montrer que je pouvais jouer. Il faut savoir qu’à cette époque les clubs ne se demandaient pas si je savais jouer, mais si je pouvais jouer, si je pouvais courir, après les soucis que j’avais eus aux hanches. J’avais plusieurs touches, mais je ne me sentais pas confortable au niveau du rapport humain et de la rééducation par rapport au haut niveau et au jeu en compétition. J’ai fait des essais avec Bourg-en-Bresse et Évreux, mais ça n’a pas fonctionné, donc je cherchais une équipe capable de se mettre à ma place. C’est ce que Missolonghi a su très bien faire. Ça s’est très bien passé ensuite. Même si on n’a pas gagné beaucoup de matchs, on a quand-même réussi à en prendre un. J’ai retrouvé du plaisir à jouer là-bas. Si c’était à refaire je rechoisirais la même équipe.


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C’est aussi une petite ville, ça aidait pour se relancer ?

C’est une toute petite ville, même pas 15 000 habitants (13 416 au dernier recensement en 2001, ndlr), avec un magnifique petit port, de très belles plages et des flamants roses. Je l’ai vécu comme un retour vers moi-même. Ce n’est pas une période facile quand tu reviens de blessure et que personne ne semble prêt à faire un essai d’au moins trois semaines avec toi. C’est un cadre très nature, très calme où tout le monde se connaît. J’ai pu me reconnecter avec la nature, les gens et moi-même. J’avais du temps où je pouvais marcher, flâner au soleil sur la plage et réfléchir à mon avenir dans un cadre idyllique. On était en janvier et ça faisait longtemps que je n’avais plus joué. Dans un environnement plus stressant je n’aurais peut-être pas pu faire le point aussi bien.

Pourquoi tu es parti de là-bas ?

Pour plusieurs raisons. Déjà, j’avais besoin de cette période que j’ai passée là-bas, mais ensuite je voulais retrouver un niveau plus compétitif. Missolonghi étant une petite ville, le club a un petit budget et donc on perdait beaucoup de matchs… et moi je suis un compétiteur et je veux gagner. Ensuite la gestion du Covid en Grèce là-bas était très… relâchée : pas de masques, on fait comme si tout est normal… et ça me faisait un peu peur. L’avantage c’est que c’est vraiment un club très humain ; j’ai pu en discuter tranquillement avec les dirigeants, les entraîneurs et mes coéquipiers et on s’est entendu. Je suis parti de là-bas en très bonne entente, il était temps pour moi de passer à autre chose, tout simplement. Je suis encore en contact régulièrement avec mes anciens coéquipiers sur Instagram d’ailleurs.

Est-ce que tu as eu peur à un moment de ne plus trouver de club ?

Non, parce que je ne joue pas au basket pour trouver un club. C’est sûr qu’il faut bien que je gagne ma vie, mais quand j’ai signé là-bas je pensais surtout à me retrouver dans une situation où je pourrais me recentrer sur moi et grandir en tant qu’homme tout en apportant au club. En G-league j’ai aussi croisé des joueurs qui jouent en NBA, j’ai vu ce que le basket leur apporte. J’ai vu aussi ce que le basket apporte quand tu joues dans un plus petit club en Grèce. J’ai beaucoup voyagé et connu des clubs dans des endroits différents. En fait, si tu joues il ne faut pas le faire en pensant à faire des bonnes stats pour signer un bon contrat l’année suivante, mais parce que tu as envie de jouer, parce que tu aimes ça. Il faut jouer parce qu’on a envie de jouer avec ses coéquipiers, pas pour soi. Et puis aussi pour gagner des matchs. Je suis un compétiteur, si je joue, c’est pour gagner. Je ne joue pas pour me mettre en évidence et signer un contrat juteux n’importe où. Dans ma carrière, j’ai rarement commencé avec un club en août, fait une préparation complète avec mes coéquipiers et ça ne m’a pas beaucoup gêné jusqu’à aujourd’hui. J’ai eu un parcours qui n’est pas si mal que ça, je trouve, finalement. En tous cas, moi, je ne suis pas déçu par ma carrière jusqu’ici.

Puisque tu parles d’être dans une équipe en août, tu te vois rester au Mans l’année prochaine ?

Ça c’est une question que j’aime. Bien sûr que j’aimerais rester au Mans. Je suis arrivé et je n’ai pas senti de temps d’adaptation… je n’ai pas eu à m’adapter du tout en fait ! Tout s’est fait d’une manière totalement naturelle. J’ai l’impression de connaître certaines personnes depuis longtemps, alors que je suis là depuis à peine un mois. Avec le coach, on a pris le temps de se parler avant que je ne signe et j’ai apprécié le fait qu’on ne se précipite pas. Je suis vraiment reconnaissant envers l’équipe du MSB de m’avoir accueilli comme ça. Je suis arrivé dans un club vraiment humain où tout le monde, mes coéquipiers, le staff et les bénévoles m’a accueilli avec le sourire et naturellement. C’est aussi pour ça que l’on n’a pas envie de lâcher quand on est sur le terrain : on veut gagner pour ce club, lui rendre ce qu’il nous donne.

Pour un ancien espoir de Cholet, ça fait quoi de jouer au Mans, le rival régional ?

(Rires) C’est assez ironique. Je suis un enfant de Cholet, c’est là où j’ai grandi. C’est là où j’ai découvert le basket en tant que jeune joueur, ce que c’est de jouer dans un club de haut-niveau. Je sais qu’il y a des gens qui critiquent ce club, mais pour moi c’est mon club formateur et il restera toujours à part. La ville est peu connue, petite, mais elle est magnifique. Aujourd’hui, je suis au Mans et ce club me fait grandir en tant qu’homme. Donc je suis aujourd’hui à fond pour le MSB. J’espère qu’un jour, même si je joue avec un autre club, les fans de CB me regarderont comme un Choletais et les fans du MSB comme un Manceau.

Comment occupes-tu tes journées pendant le confinement ?

Je fais un peu de musique en dehors du basket. Je suis beaucoup sur mon ordinateur à faire des morceaux. Je compose et je chante, principalement du RnB, de la House, de la Trap... mais je ne me limite pas à un style musical. Je fais de la Pop aussi. Sinon je passe aussi beaucoup de temps à prospecter des artistes parce que j’ai lancé ma compagnie de média d’exposition sur Instagram. Donc j’écoute aussi beaucoup de musique, puisque je produis des artistes. Là aussi, je ne me limite pas à un style musical. Ce que j’aime dans la musique c’est qu’un artiste lâche ses émotions dans ses compositions.


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Donc tu n’as pas de style musical préféré ?

Ça dépend du moment. En ce moment c’est RnB et House, mais je peux aussi avoir des périodes jazz ou opéra. Bon, j’ai un peu de mal avec le Rap français… mais j’écoute quand même.

Puisque tu es un passionné de musique. Quelle est la plus belle chanson du monde ?

Woh… C’est compliqué d’en choisir une. Je dirais “Lose” de After the party.

Un ou des livres préférés ?

Je lisais beaucoup en Grèce, en ce moment j’ai moins le temps. J’aime bien tout ce qui concerne l’astronomie et la gestion des énergies intérieures, apprendre à respirer. La mythologie grecque aussi me passionne.

Un film préféré ?

Pas vraiment, ma télé est rarement allumée. Si je regarde quelque chose, c’est plutôt des séries.

Si tu étais un super-héros, quel serait ton pouvoir ?

Un pouvoir qui permettrait de me fondre dans la masse, genre caméléon. Je ne voudrais surtout pas d’un pouvoir qui permet de s’attaquer aux gens d’une quelconque manière. Si tu as une capacité hors-norme tu peux faire du mal aux gens sans le vouloir. Tu peux vouloir sauver quelqu’un et causer des dégâts involontairement à d’autres. Après on a tous des pouvoirs je pense, ma taille c’est un super-pouvoir par exemple, elle me permet de jouer au basket !

Un plat préféré ?

Maintenant je n’en ai pas. Avant c’était raclette et saucisson, mais c’est incompatible avec une carrière sportive, donc j’ai arrêté. Sinon, je mange de tout, sauf de la viande rouge. De plus, j’évite d’en manger parce que je considère que ce n’est pas bon de causer de la souffrance pour se nourrir.

Quelle est ta principale qualité ?

Le fait de toujours vouloir progresser, de faire mieux le jour suivant.

Ton plus gros défaut ?

Je suis têtu, surtout si je veux m’améliorer sur quelque chose. Je peux même être borné si je me suis fixé un objectif. Pour réussir à me convaincre de renoncer il faudra déployer des trésors de diplomatie.

Si tu pouvais changer quelque chose chez toi ?

Rien.

Si tu étais un animal ou quel est ton animal préféré ?

J’aime beaucoup les félins, les lions en particulier, mais je ne pense pas avoir un caractère de félin. Non, je me vois plus comme un ours. Un ours ça a l’air mignon de loin, mais de près ça fait un peu plus peur. En plus c’est un animal assez timide et qui se cache. En fait c’est un animal qui n’est pas méchant mais qui peut faire mal sans le faire exprès ou parce qu’il a peur… et ça c’est tout moi !

Si tu n’étais pas devenu basketteur, tu aurais fait quoi comme métier ?

Je ne sais pas, sans doute quelque chose de basique, genre des études de commerce pour aller dans la vente. À 18 ans je n’avais pas vraiment de projet professionnel clair. Petit, je voulais être pompier ou reporter, partir avec ma caméra faire des reportages.

Si tu pouvais discuter avec qui tu voulais, vivant ou mort, qui choisirais-tu ?

Avec mon oncle Fred qui est décédé brutalement il y a 6 ans. J’étais très proche de lui. C’était le frère de ma mère et il était aussi très ami avec mon père. Ce que j’ai appris de ce que c’est qu’être un homme vient de lui, je lui dois beaucoup. Il m’a beaucoup inspiré, si je m’intéresse à l’astronomie et à la mythologie c’est aussi grâce à lui. Si je devais avoir une discussion d’adulte aujourd’hui ce serait avec lui.

Une équipe de basket préférée, et tu ne peux pas dire Le Mans ?

Houa… si je ne peux pas dire Le Mans, je ne peux pas dire d’autres clubs en France… Donc je dirais… Missolonghi ! (Rires)

Est-ce que tu as un message pour les fans du MSB ?

Je les attends nombreux dès qu’ils pourront revenir dans les salles (interview réalisée le 14 mai, ndlr). Moi, je donne le maximum pour leur faire plaisir sur le terrain et j’espère que j’y arrive. C’est vraiment quelque chose que j’espère dont les gens se rendent compte : que tout le monde a envie de donner le maximum pour le club et pour ses supporters, qu’ils soient dans la salle ou devant leur télé. On veut que les supporters soient fiers de leur équipe !

Interview réalisée par Cyril Meteyer / MSB.FR

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