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À la découverte de Williams Narace

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Pourrais-tu te présenter ? Williams par Williams…
Je m’appelle Williams Narace. Je suis un joueur de basket de 24 ans et je mesure 2m03. Je suis d’origine camerounaise par ma mère. J’ai commencé le basket à 14 ans. Je suis passé par le centre de formation de Nancy et je suis arrivé cette année au Mans.

Comme tu l’as dit, tu es arrivé un peu sur le tard au basket. Tu faisais du football et du judo avant je crois ?
Oui, du foot et du judo. Je suis arrivé au basket d’une manière un peu bizarre. J’ai toujours été grand, mais j’ai eu une poussée de croissance à 14 ans et mes amis me disaient en rigolant que j’étais trop grand pour jouer au foot, qu’il n’y a pas de grand qui joue au foot, que je devais me mettre au basket ou au volley. Mais j’ai pris ces remarques au sérieux et j’ai commencé à me mettre au basket, parce qu’on avait un terrain pas très loin… et ça m’a plu !


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Et, bien sûr, tu ne regrettes pas ?
Non. Enfin… quand tu regardes les salaires des footballers… Non je plaisante !

Tu jouais à quel poste au football ?
Malgré ma taille qui te cantonne généralement aux postes défensifs, sauf des exceptions comme Zlatan Ibrahimović ou Peter Crouch, je jouais milieu offensif.

Tu es Camerounais par ta mère, qu’est-ce que ça représente pour toi de jouer pour l’équipe du Cameroun ?
C’est une fierté. Représenter son pays c’est toujours une fierté. En plus, j’ai grandi là-bas. Le premier match de basket que j’ai vu, je m’en souviendrai toute ma vie, c’était un match de l’équipe du Cameroun contre l’Angola. Ça m’avait fait quelque chose de voir ces joueurs jouer pour représenter leur patrie. C’est quelque chose qui me tenait à cœur et j’ai la chance de pouvoir le réaliser.

Comment on arrive à Nancy en grandissant au Cameroun ?
Au départ, j’ai suivi ma mère quand elle est venue en France à Bordeaux, où elle est toujours avec le reste de ma famille. J’ai commencé à jouer dans un petit club de quartier : l’Union Saint-Jean. Là-bas, par l’intermédiaire d’amis j’ai rencontré un joueur qui jouait à l’époque à Boulazac : Seidou N’Joya. Je lui ai demandé s’il pouvait m’aider, me dire s’il avait des contacts pour voir où le basket pouvait me mener. Au départ, il m’a mis en contact avec l’entraîneur des cadets de Boulazac, où ça s’est bien passé et ça lui a permis de me voir sur le terrain. À l’époque, Boulazac était en Pro B avec un centre de formation pas très reconnu. Comme Seidou était passé par le centre de formation de Nancy, et qu’il a vu que j’avais du potentiel, il m’a mis en contact avec Pierre Verdière, le directeur du centre de formation du SLUC, qui était alors en Pro A. Je suis allé là-bas passer des tests qui se sont bien passés aussi, et c’était parti pour intégrer le centre de formation.

Qu’est-ce qui t’a décidé à venir jouer au MSB ?
Le discours d’Elric. J’avais d’autres propositions aussi, mais Elric a eu un discours très honnête sur comment il me voyait dans l’équipe. Il ne cherchait pas à me vendre du rêve : il avait une vision très claire sur ce qu’il attendait de moi et c’était un vrai projet construit. Ensuite, Le Mans c’est une place forte du basket en France, un club historique et l’un des meilleurs clubs actuels. Ah oui, peut-être que le fait qu’Elric soit originaire d’une région proche de Bordeaux a joué aussi : on vient tous les deux du Sud-Ouest.

Tu t’attendais à te retrouver dans le 5 de départ ?
Honnêtement, non. Je pensais que j’avais d’abord des choses à prouver en venant ici. En plus, chez moi tout prend du temps, c’est comme ça. Je suis un joueur pour lequel rien ne vient tout seul, il me faut le temps de le développer. Au début j’étais étonné et je me disais que le coach faisait ça pour essayer. Je ne m’attendais pas du tout avoir ce rôle de starter, et j’en suis encore plus fier… surtout quand tu vois les gars talentueux qu’il y a dans l’équipe.

C’est quoi ton rôle dans l’équipe, justement ?
Je suis le mec qui va amener de l’énergie, qui va défendre fort et qui va apporter au rebond. Je peux aussi apporter dans d’autres domaines, je peux apporter en attaque aussi. En gros je suis le gars qui est là pour se démener pour l’équipe. J’ai une mentalité de combattant et ça se voit dans mon jeu, je suis là pour apporter de l’intensité.

Même si vous ne jouez pas au même poste, ça rappelle beaucoup ton coéquipier Terry Tarpey.
Terry est incroyable. C’est sans doute l’un des joueurs qui me surprend le plus. Je n’ai jamais vu un mec aussi énergique… il fait tellement de choses sur un terrain ! Des choses qui ne se voient pas dans les stats. Celui qui regarde juste la feuille ne va pas voir ce qu’il apporte, mais c’est le genre de joueur avec qui tu as envie de jouer tous les jours. Il est tellement actif… je ne peux que m’inspirer d’un tel coéquipier. Il est vraiment impressionnant. C’est réconfortant de jouer avec Terry. Tu sais que celui qui est en face n’aura jamais rien de facile avec lui… et ses aides en défense aussi… en plus, même s’il ne touche pas le ballon en attaque, il ne va pas se plaindre, jamais ! Il est toujours de bonne humeur, toujours tranquille. Dès qu’il rentre sur le terrain il devient ce monstre d’énergie : il est partout !


itw williams 4Photo © Dominique Breugnot


En dehors de Terry, comment trouves-tu l’équipe ?
C’est une très bonne équipe. Ce qu’il y a de bien c’est que l’on s’entend bien tous ensemble, tout le monde parle avec tout le monde. J’ai connu des équipes où certains joueurs ne se parlaient pas, où tu sentais qu’il y avait de l’animosité entre deux joueurs… ce n’est pas du tout le cas avec nous. Même quand ça ne va pas on communique entre nous. Je pense que c’est important cet esprit-là. Quand tu vois des joueurs comme Scott ou Ovie, ils pourraient être centrés sur eux, sur leur carrière… et bien pas du tout. Quand ils parlent, c’est pour donner des conseils, pour aider l’équipe à s’améliorer. C’est vraiment agréable de jouer dans une équipe comme ça.

Tu ne prends presque pas de tir dans la zone intermédiaire. C’est quelque chose que tu travailles ou tu préfères te concentrer sur tes qualités ?
C’est vrai que maintenant que tu le dis et que j’y réfléchis… Je n’avais pas spécialement remarqué que je ne tirais pas beaucoup dans la zone intermédiaire. C’est quelque chose qui fait partie de ce que je sais faire et que j’ai déjà fait avant et que je travaille, comme le reste de mon jeu. Je pense que c’est plus lié au rôle que j’ai dans l’équipe actuellement.

Malgré le confinement, tu as pu visiter un peu la ville ?
Je suis arrivé avant le confinement, donc j’ai eu le temps de me balader un peu. C’est vraiment sympa. J’aime beaucoup la vieille ville et la cathédrale qui est vraiment très belle et très impressionnante. Avec le confinement l’ambiance n’est bien sûr pas la même. C’est difficile de se rendre compte de l’ambiance de la ville en temps normal. Malgré tout je reste plutôt enthousiaste sur la ville par rapport à ce que j’en ai vu. J’ai surtout vraiment envie qu’on puisse faire un resto tous ensemble en ville.

Comment occupes-tu tes journées pendant le confinement ?
Je suis sur les réseaux sociaux et je lis beaucoup. Pas grand-chose d’autre en fait… s’il y a un match de basket à la télé je regarde. Je regarde parfois le foot aussi, mais comme mon équipe favorite s’est faite sortir par le PSG…

Puisque tu lis beaucoup, tu peux me donner un ou des livres préférés ?
J’aime beaucoup les livres de Douglas Kennedy et en ce moment je suis en train de lire « La symphonie du hasard ». J’aime beaucoup cet auteur, les thèmes qu’il aborde. Sinon, un autre écrivain que j’aime bien c’est Paul Beatty. J’avais beaucoup aimé « American Prophet », c’est un livre qui m’a beaucoup marqué. Sinon j’ai un autre livre à lire : celui d’Ovie Soko « You are Dope », qui m’a été offert par Scott.

Tu n’as pas parlé de regarder des films dans tes loisirs… Tu vas donc peut-être avoir du mal à me dire un préféré ?
C’est vrai que je ne regarde pas beaucoup de films, ni de séries. Ce n’est pas quelque chose qui m’intéresse et que je connais. Mais ça m’arrive quand même de regarder des films au cinéma. En fait, j’aime beaucoup les films avec Denzel Washington. Sinon, je préfère les films qui s’inspirent d’une histoire vraie. Je ne suis pas du tout client pour les films à grand spectacle ou les films de super-héros…

C’est dommage pour ma question suivante : si tu étais un super-héros, quel serait ton pouvoir ?
Pouvoir résoudre les problèmes des gens, pouvoir leur donner ce dont ils ont besoin ou apporter la paix. Ça me fait toujours mal de voir des gens qui sont dans le besoin ou qui ont des problèmes de santé ou des problèmes relationnels… en cette période, avec la Covid, c’est encore plus vrai.

Un plat préféré ?
Pas spécialement. Je cuisine beaucoup mais je n’ai pas de plat vraiment préféré. Allez, on va dire le poisson braisé, un plat typique du Cameroun que j’aime bien.

Vous formez une vraie équipe de cuisiniers, toi, Ovie, Scott, Iggy…
(Rires) Tu sais, quand on vit seul, comme nous, on est un peu obligé d’apprendre à cuisiner. Après c’est vrai que j’aime bien ça. En plus c’est plus sain que d’aller manger dehors, surtout en ce moment… et puis c’est moins cher aussi que de faire resto tous les jours.

Quelle est ta principale qualité ?
Houlà… C’est compliqué… je vais te dire ce qu’on me dit souvent : j’ai un cœur d’enfant. Je suis quelqu’un de très bienveillant, qui voit le positif.



itw williams 3Photo © Instagram Williams Narace


Ton plus gros défaut ?
C’est difficile de s’autojuger… pas facile comme question… je dirais que je peux paraître très froid, très renfermé. Au premier abord, si tu ne me connais pas, on peut se dire que je suis le gars à qui il ne faut pas aller parler, qui a envie qu’on le laisse tranquille, alors que je suis quelqu’un d’assez ouvert, qui discute facilement et qui ne se prend pas pour celui qu’il n’est pas… en y réfléchissant je dirais que mon plus grand défaut c’est peut-être plutôt d’être trop exigeant envers moi-même, de vouloir toujours mieux faire et de le ressasser.

Si tu pouvais changer quelque chose chez toi ?
Rien, je pense. Je suis très bien comme je suis et surtout je suis content de la vie que j’ai, donc je n’ai rien à changer.

Si tu étais un animal ?
Un aigle. C’est un animal qui m’a toujours fasciné. Il peut voler, il est libre, vraiment libre d’aller où il veut.

Si tu pouvais discuter avec qui tu voulais, vivant ou mort, qui choisirais-tu ?
C’est dur comme question… je ne pourrais pas te dire un nom, mais les personnes que j’ai perdues dans ma vie, des proches.

Une équipe de basket préférée, et tu ne peux pas dire Le Mans ?
Je n’ai pas le droit de dire Le Mans ! Mais pourquoi ? (Rires)… Je vais dire le SLUC Nancy alors. Quand tu restes 6 ans quelque part, quand un club t’a formé… ça te marque forcément.

Est-ce que tu as un message pour les fans du MSB ?
On ressent un gros vide sans eux. On a pu voir un petit peu au tout début, quand il y avait la jauge qui permettait d’avoir un certain nombre de supporters aux matchs, et ça donnait envie de jouer devant une salle pleine. Donc, je veux dire aux fans qu’on a hâte de les revoir et qu’ils prennent bien soin d’eux en attendant que ce soit possible.

Interview réalisée par Cyril METEYER/MSB.FR

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