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À la découverte de Scott Bamforth

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Chaque mois, nous vous proposons une rencontre avec un des joueurs de notre équipe. Nouveau rendez-vous cette fois avec Scott Bamforth. Un grand talent mais aussi un gros bosseur.

Pourrais-tu te présenter ? Scott par Scott…
Je m’appelle Scott Bamforth. Je viens d’Albuquerque au Nouveau-Mexique. J’ai 31 ans et trois garçons, qui ont 9 ans, 6 ans et 2 ans… et je joue au basket-ball au poste d’arrière.

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Comment trouves-tu l’équipe après ce début de saison ?
Je trouve que l’équipe fonctionne plutôt bien maintenant, surtout au vu de la situation particulière dans laquelle nous sommes. Je pense que les gens n’ont pas conscience d’à quel point cela impacte la vie et les performances d’une équipe. C’est dur, vraiment, d’être compétitif quand tu ne joues pas pendant plusieurs semaines. Le staff fait d’ailleurs un excellent travail à ce niveau. Individuellement, on a un groupe avec beaucoup de très bons joueurs, un très bon coach… ce qui est difficile c’est d’arriver à tout mettre en place alors qu’on ne sait pas quand on va jouer, contre qui… Lors des derniers matchs je trouve qu’on a commencé à trouver une dynamique. Nous sommes loin d’être à notre meilleur niveau en tant qu’équipe et ça nous a coûté des matchs. Mais il faut faire avec et donner notre meilleur sur le terrain chaque fois que l’on a l’occasion de jouer.

Si on regarde les nationalités, c’est assez amusant de voir qu’il n’y a que deux Américains et encore tu es aussi Kosovar !
Oui, c’est vrai que c’est assez inhabituel, mais c’est comme cela que l’équipe est constituée. Je ne sais pas si c’était une volonté délibérée du staff mais, finalement, on a une très bonne équipe. C’est vrai qu’il y a un Canadien, un Anglais, un Lituanien… mais l’ensemble forme un groupe cohérent et complémentaire. Avoir 5 Américains ne te garantira pas pour autant qu’ils formeront un bon groupe… Je trouve que ce qui nous caractérise surtout c’est la capacité de chacun à s’adapter : tout le monde est à l’écoute et accepte le rôle qu’il doit avoir pour le bien de l’équipe.

Au fait, c’est comment le Kosovo ?
J’y ai joué plusieurs matchs pour l’équipe nationale et les fans sont vraiment intéressés par le basket là-bas, il y a un vrai engouement pour ce sport. Je n’ai malheureusement pas eu l’occasion de visiter le pays parce que le basket prend beaucoup de temps. En plus, comme je me suis blessé je n’ai pas eu l’occasion de jouer autant de matchs avec l’équipe nationale que j’aurais voulu.

Tu es un joueur référencé en Europe, comment es-tu arrivé au Mans ?
Je ne sais pas vraiment. C’est venu comme ça. Le point de départ c’est ma discussion avec le coach dont j’ai bien aimé le discours. Ensuite je me suis renseigné et je trouvais qu’effectivement c’était une opportunité intéressante. Pour être tout à fait honnête, les circonstances ont beaucoup joué. Ne pas savoir comment allaient se dérouler les compétitions européennes a rendu l’importance de jouer une coupe d’Europe très relative pour moi. L’idée de faire voyager des équipes de pays en pays durant une épidémie mondiale me faisait même me dire qu’il n’y aurait peut-être pas de compétitions européennes. Ma priorité est donc devenue de jouer dans un bon club, solide et bien structuré, avec un coach avec lequel je m’entendrais bien. En plus je n’avais jamais joué en France, et ça m’intriguait de découvrir un nouveau championnat. Pour être encore plus honnête, le fait qu’en France le salaire soit garanti (contrairement à beaucoup d’autres pays) a aussi compté, surtout quand, comme moi, tu as trois enfants à charge.

As-tu aussi discuté du MSB avec Justin Cobbs avec qui tu jouais la saison dernière avant de venir ?
Oui, tout à fait. Justin ne m’a dit que du bien du club. Il m’a vraiment conseillé de venir ici si j’avais envie de jouer en France. Comme je le disais, l’absence de coupe d’Europe n’était pas un critère pour cette année. Cependant, c’est vrai que c’est important pour moi dans une période normale, comme cela devrait être à nouveau le cas l’année prochaine je l’espère.

Comment tu vois ton rôle dans cette équipe ?
Je suis un des leaders de l’équipe. Nous avons plusieurs leaders dans le groupe en fonction de ses qualités. Mon rôle, c’est de faire ce que je sais le mieux faire : prendre les bonnes décisions en attaque, scorer et faire aussi de bonnes passes. Ce qui est important c’est de permettre à l’équipe d’avoir des bonnes positions de tir, que ce soit moi ou un autre. En défense, il faut que je sois le meilleur possible, apporter des petits plus partout : interceptions, rebonds, etc. Pour résumer, en tant que leader je dois être performant à tous les matchs parce que l’équipe compte sur moi.

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Ta capacité à scorer et ton adresse, ce sont des choses naturelles ou c’est surtout beaucoup de travail ?
Cela vient principalement du travail, des entraînements répétés. C’est aussi lié à ma manière de me préparer mentalement, de me concentrer sur le match. Enfin, il y a aussi une grande part d’expérience. J’ai joué beaucoup de matchs et, surtout, j’ai énormément regardé de matchs, beaucoup observé les autres joueurs. Pour moi, le plus important c’est de prendre des bons tirs, des tirs qui sont avec un bon pourcentage de réussite. Je n’ai pas envie de forcer des tirs. Je n’ai pas envie d’être un scoreur qui prend vingt tirs par match, je préfère l’efficacité. Le coach et mes coéquipiers m’aident beaucoup pour cela d’ailleurs, parce qu’on a vraiment une bonne équipe dans laquelle on se passe bien le ballon. En plus, comme je suis identifié comme un leader d’attaque, mes coéquipiers cherchent beaucoup à me mettre dans de bonnes positions… ça me facilite le travail !

Malgré le confinement, tu as pu visiter un peu la ville ?
Oui, le premier mois où je suis arrivé tout était encore ouvert donc j’ai pu visiter un peu, tester quelques restaurants… c’est une ville sympa où il y a des choses à faire… surtout quand le confinement sera terminé.

Tu es donc satisfait d’avoir choisi Le Mans ?
Oui. Je ne suis pas quelqu’un qui regrette beaucoup de choses de toutes façons. Certaines choses arrivent et c’est comme ça, elles te construisent aussi. J’ai choisi de venir en connaissance de cause et j’ai pu déjà y rencontrer des gens supers. J’ai fait la connaissance de coéquipiers, d’un coach et d’un staff qui sont vraiment très sympas et qui savent ce qu’ils font. Oui, vraiment je suis content d’être ici.

Jusqu’à rester au Mans l’année prochaine si l’équipe se qualifie pour une coupe d’Europe ?
(Sans hésiter) Oui, bien sûr ! Je suis vraiment chanceux de jouer ici. C’est un superbe endroit pour jouer au basket et c’est une belle ville pour vivre. Je serais vraiment content de rester ici, mais c’est conditionné par une participation à une coupe d’Europe. J’espère que grâce au vaccin la pandémie aura disparu pour la saison prochaine, et les compétitions européennes seront alors un critère important pour moi. Mais je pense qu’on a l’équipe pour y arriver et j’espère bien que c’est ce qu’on va faire. Dans ce cas-là tout est possible et rester ici est quelque chose de tout à fait possible.

Tu as aussi une histoire personnelle qui a été assez difficile (il a retrouvé son père inanimé à la maison à 12 ans et sa mère est morte 2 ans plus tard, ndlr).

Comment as-tu vécu à cette période ?
Je me suis retrouvé orphelin à 14 ans en effet. Pendant un an je me suis débrouillé avec mon frère ainé et on a vécu à la maison comme on a pu. Ensuite, une amie de mes parents, Mary-Anne, m’a pris en charge. C’est ma deuxième maman. Bien sûr, elle ne pouvait pas remplacer ma maman, mais elle s’est occupée de moi. C’est vraiment une grande personne, je ne sais pas ce qui me serait arrivé sans elle. Je pense que c’est aussi ce qui fait de moi quelqu’un de très solide mentalement, de très déterminé.

Comment occupes-tu tes journées pendant le confinement ?
Tu sais, mes journées consistent principalement à aller à l’entraînement et à rentrer à la maison. Quand je rentre j’appelle mes enfants via Facetime et souvent je joue à des jeux vidéo avec eux. Après je regarde des choses à la télévision, des émissions, des films ou des séries ou j’écoute de la musique ou je lis, et ensuite dodo… et on recommence le lendemain.

Ton film préféré ou un genre de film préféré ?
En fait je regarde à peu près n’importe quel type de film… j’ai du temps pour ça en ce moment ! (rires) Si je devais dire un type préféré, je dirais les films d’action. J’aime bien les films de braquage de banque et les films de guerre.

Et tu m’as dit que tu lisais. Tu as un livre en particulier qui t’a plus ?
Oh je lis beaucoup, plus de 25 livres par an. Dernièrement, celui qui m’a le plus marqué c’est « The True Measure of a Man » de Richard Simmons III.

Tu as lu le livre d’Ovie Soko aussi ?
« You are Dope » ? Oui, bien sûr. C’est un très bon livre, et je ne dis pas ça parce que c’est Ovie qui l’a écrit ! J’ai vraiment bien aimé et je le conseille à tout le monde. Ovie est vraiment quelqu’un de particulier : être un basketteur en pleine carrière et écrire un aussi bon livre sur le développement personnel… c’est fort.

Tiens d’ailleurs, tu aimes cuisiner toi aussi ?
Oui. J’aime bien, surtout quand je suis avec mes enfants. J’adore faire des barbecues en été avec eux.

Et tu as un plat préféré ?
Je mange beaucoup de choses, mais je fais attention à manger sainement. Je n’ai pas vraiment de plat préféré mais je mange souvent du saumon, des crevettes ou des pâtes.

Quel est ton plus gros défaut ?
Je suis perfectionniste. Que ce soit dans le basket ou dans la vie de tous les jours. S’il y a quelque chose auquel je tiens qui n’est pas exactement comme je veux je peux le ressasser beaucoup et longtemps. Ça peut aller jusqu’à m’empêcher de dormir.

Et ta principale qualité ?
Je me soucie des gens. C’est important pour moi que les gens autour de moi se sentent bien. Je n’aime pas croiser des gens pour lesquels je sens qu’ils ne sont pas en forme. Quand cela m’arrive j’essaye toujours de voir si je peux les aider à aller mieux.

Si tu pouvais changer quelque chose chez toi ?
Honnêtement, rien.

Si tu pouvais avoir un superpouvoir, ce serait quoi ?
Je ne suis pas un grand fan des super-héros, alors je n’en ai aucune idée ! (rires)

Si tu étais un animal, ou quel est ton animal préféré ?
Un humain ! Je trouve que c’est très bien d’être un humain et je n’ai pas envie de changer ! (rires)

Si tu pouvais discuter avec qui tu voulais, vivant ou mort, qui choisirais-tu ?
Mes parents. Je donnerais tout pour pouvoir leur parler encore une fois.

J’ai lu une déclaration de ta part sur un certain Donald Trump…
Comme je l’ai dit dans une autre interview, je n’y connais rien en économie, ni dans la justice ou l’administration d’un pays. Mais je sais ce que je vois et ce que j’entends. Quand j’entends ce qu’il dit, je pense qu’une telle personne ne devrait pas être à la tête des États-Unis. Le président incarne son pays et tout le pays le regarde. Tu ne peux pas agir comme il le fait quand tu es président. Tu as de grandes responsabilités en tant que président et tu te dois d’être un exemple pour le monde et pour ceux qui te regardent.


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Une équipe de basket préférée, et tu ne peux pas dire Le Mans ?
Les Portland Trail Blazers parce que mon ami et ancien coéquipier Damian Lillard y joue. Je regarde tous leurs matchs. Je regarde aussi les Dallas Mavericks parce que Kristaps Porziņģis - un autre ami et ancien coéquipier quand j’ai joué à Séville - joue là-bas.

Si tu suivais les matchs de Portland tu as dû regarder un certain Nicolas Batum aussi. Tu sais qu’il a été formé au Mans ?
Oui, bien sûr, je connais Nicolas aussi. Je ne savais pas qu’il avait été formé ici avant de venir. Je savais qu’il était Français mais c’est tout. Depuis je m’en suis rendu compte. C’est assez amusant, même s’il ne joue plus pour Portland maintenant.

Est-ce que tu as un message pour les fans du MSB ?
Oui. J’espère que l’on va bientôt pouvoir jouer devant vous en vrai, dans une salle pleine. J’ai envie de les voir nous soutenir et de sentir qu’on leur apporte du plaisir en jouant pour eux. Et bien sûr j’espère qu’on leur fera voir plein de victoires du MSB !



Interview réalisée par Cyril Meteyer/MSB.FR

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