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Des nouvelles de DJ Stephens

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Bonjour DJ. Comment ça va ?

Ça va. C’est difficile d’être dans un pays étranger tout seul, mais ça va, je tiens le coup.

Pourquoi es-tu resté en France, contrairement à la plupart des joueurs américains ?

Pour moi, c’était le plus logique face à l’incertitude qu’il y avait à l’époque. Est-ce que le championnat allait pouvoir reprendre ? Dans ce cas-là ça aurait été dommage de partir et de ne pas pouvoir revenir. On ne savait pas non plus comment la crise allait être gérée aux États-Unis et au niveau de chaque état. La situation a été extrêmement perturbée au début. C’est loin d’être totalement sous contrôle à certains endroits, mais c’est mieux que ça n’a été au début.

Je suppose que tu en as discuté avec tes coéquipiers ?

Oui, bien sûr... mais la plupart étaient surtout inquiets et ils voulaient être sûrs de pouvoir rentrer "à la maison". Je ne partageais pas ce point de vue, parce que je n’avais pas envie de partir pour me retrouver dans une situation pire qu’en France, et dans l’impossibilité de pouvoir revenir si le championnat reprenait.

Comment occupes-tu tes journées pendant le confinement ?

C’est compliqué de rester enfermé toute la journée. Je ne vais pas te mentir : je chasse l’ennui au maximum. Je regarde beaucoup de films et je joue à des jeux vidéo ; les jeux en réseau me permettent de garder le contact avec mes amis aux États-Unis d’ailleurs.

Tu arrives à continuer à t’entraîner, à garder la forme ?

Au début, oui. Le club m’a envoyé des fiches avec des exercices à faire. Mais maintenant que l’on sait que la saison ne reprendra pas avant longtemps. C’est déjà compliqué de s’entraîner sans matériel, sans avoir accès à une salle, en étant obligé de rester enfermé, mais si en plus tu n’as pas la motivation liée à la perspective de pouvoir bientôt rejouer…

Comme tu es tout seul en France, tu t’organises pour te ravitailler ?

Je fais mes courses une fois par semaine ou toutes les deux semaines, ça dépend si j’ai pu prendre assez pour tenir deux semaines ou pas. Je ne parle pas bien français, mais j’arrive à me débrouiller et Vincent (Loriot - Directeur Sportif du MSB ndlr) m’a tout expliqué pour l’histoire de l’attestation. Il me l’a envoyée directement et je n’ai plus qu’à l’imprimer et à remplir la date, donc je suis parfaitement en règle ! (rires)

Tu es resté en contact avec des anciens coéquipiers ?

Oui, avec ceux de l’équipe actuelle mais aussi avec mes anciens coéquipiers. J’essaye toujours de rester en contact avec ceux avec qui j’ai joué, parce qu’on vit une aventure humaine à chaque fois. En ce moment je me rends compte à quel point j’avais raison, parce qu’on a plein de temps pour s’appeler et discuter.

Je pensais surtout à certains d’entre eux : Justin, Chris, Mykal et Romeo. Tu as des nouvelles d’eux ?

Oui, je les ai tous eus au téléphone et ils vont tous très bien ainsi que leurs familles. Ne vous inquiétez pas pour vos Champions de France, le coronavirus n’a pas osé s’attaquer à eux !

Tes filles vont bien aussi ?

Oui, je leur parle tous les jours, elles me manquent énormément. C’est vrai que c’est encore plus dur en ce moment, parce que d’habitude j’ai le basket pour m’occuper l’esprit. Là, je ressens encore plus leur absence… ça peut surprendre que je ne sois pas rentré pour elles, mais à mon retour je devrai attendre 15 jours avant de les voir. Ce n’est pas une obligation, mais je ne veux prendre aucun risque avec elles. En fait elles étaient une raison supplémentaire pour attendre avant de rentrer : si j’étais rentré, resté en quarantaine… et apprendre que le championnat reprenait, ça aurait été vraiment dommage.

Est-ce que tu as déjà planifié ton retour aux États-Unis ou tu comptes rester en France encore un peu ?

Non je ne vais pas rester encore très longtemps en France, puisque le championnat ne va pas repartir. Je vais retourner aux Etats-Unis début mai.

Pour revenir au basket, quel regard portes-tu sur la saison ?

C’est une saison décevante, encore plus pour moi à titre individuel. J’ai été blessé plusieurs fois ce qui m’a empêché de jouer au maximum de mes capacités. Comme mon jeu dépend beaucoup de mes qualités athlétiques, ça m’a beaucoup handicapé. C’est une saison vraiment très frustrante pour moi.

Tu as gagné le concours de dunks du All Star Game pour la deuxième fois, ça a été un petit rayon de soleil ?

Oui, un petit. J’avais vraiment envie de participer à cet évènement, plus au match qu’au concours de dunks d’ailleurs, mais comme mes performances ne le permettaient pas, c’était une manière d’en faire partie. Je suis bien sûr content d’avoir gagné le concours, d’avoir pu faire plaisir aux fans de basket de cette manière, mais j’aurais nettement préféré pouvoir faire une bonne saison avec le MSB et donner ma pleine mesure en championnat. Comme je l’ai déjà dit, et c’est toujours malheureusement vrai, on me résume souvent à un mec qui peut sauter très haut et faire des gros dunks. J’ai envie que l’on me reconnaisse pour autre chose : pour un vrai joueur de basket.

Comment as-tu vécu le changement d’entraîneur ?

C’était difficile, surtout que Dounia était déjà là il y a deux ans lorsque nous avons gagné le championnat. On se connaissait déjà bien, on avait une bonne relation et on avait de légitimes belles ambitions pour cette saison. Donc, forcément, quand il est parti ça a été difficile à vivre… mais Elric a très bien pris le relais, nous a permis de retrouver une certaine dynamique… jusqu’à l’arrêt brutal de la saison.

Est-ce que tu as un message pour les fans du MSB ?

Honnêtement je voudrais leur dire que je suis désolé de ne pas avoir pu jouer au niveau auquel je sais que je suis capable de jouer. J’ai été blessé plusieurs fois et ça m’a vraiment pourri la saison. J’espère que ce n’est pas l’image qu’ils garderont de moi. J’avais vraiment de grandes ambitions pour cette saison, et j’espère avoir un jour l’occasion de leur montrer à nouveau le vrai DJ. En attendant, prenez bien soin de vous et de vos familles.

Interview réalisée par Cyril METEYER/MSB.FR

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