Interview

À la rencontre de TaShawn Thomas

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Pourrais-tu te présenter ? TaShawn par TaShawn…

Je suis TaShawn Thomas. Je viens de Killeen au Texas. Je joue ma cinquième année professionnelle et ma première en France ici et j’apprécie beaucoup. Je suis avant tout un joueur d’équipe. Je suis aussi un joueur très polyvalent qui aime faire un peu de tout sur le terrain.

Et les félicitations sont d’usage car tu es un jeune papa.

(Il sourit jusqu’aux oreilles) Oui, d’un petit Marcel. D’ailleurs j’ai appris que c’est un prénom français, mais nous ne le savions même pas quand nous avons choisi ce prénom. Nous avons entendu ce prénom je ne sais plus quand et nous l’avons trouvé très sympa. En fait nous avons choisi son prénom avant même que je sache que j’allais jouer en France. C’est assez amusant, une sorte de clin d’œil du destin.

 Tu es aussi un grand ami de DJ Stephens…

Oui, nous avons grandi dans la même ville. Il a deux ans de plus que moi et nous nous sommes connus alors qu’on était encore des gosses. C’est le premier gars de la ville qui a joué en première division NCAA, donc ça a été une sorte de modèle à suivre pour nous. On s’entend toujours super bien tous les deux et on s’appelle souvent.

Il t’a déjà dunké dessus ?

Oui, à l’université ! Le pire c’est qu’il a eu une photo de l’action. Il me l’a montrée et je lui ai dit : « DJ, tu ne montres cette photo à personne ! ». Tu sais ce qu’il a fait juste après ? Il l’a posté sur Instagram ! (Rires)

Je suppose que tu as discuté avec lui quand tu as eu la proposition du Mans de venir ?

Oui, bien sûr. Il a joué ici, il y a même gagné le titre en 2018 et il est revenu pour une autre saison deux ans après. Donc, forcément tu te dis que le club doit être bien s’il y a signé à nouveau. Je lui en ai parlé et il ne m’a dit que du bien du club, du staff, des supporters… de tout. Ça a rendu la décision de venir beaucoup plus facile pour moi à partir de là. Je dois dire d’ailleurs que tout ce qu’il m’a dit était vrai, c’est vraiment un endroit agréable pour jouer au basket ici. L’endroit est sympa et le staff et les bénévoles sont à l’écoute des joueurs si on a la moindre demande. Ma femme et moi sommes ravis d’être ici.

 Quelles sont tes premières impressions sur l’équipe après ce début de saison ?

Je pense que nous formons une bonne équipe, ce qui ne me surprend pas ; je savais ce que je faisais en venant ici, que je serais dans une bonne équipe. Bien sûr, on est encore au début de la saison et nous avons de nombreux points à améliorer mais pour le moment on est déjà pas mal et on peut déjà voir qu’il y a plein de bons joueurs dans cette équipe. Nous avons de nombreux joueurs qui peuvent impacter un match. Il y a beaucoup de talents dans cette équipe où tout le monde peut jouer et apporter quelque chose.

Tu as déjà joué avec quelqu’un qui vient d’arriver, Darius.

Oui, il y a 4 ans, durant ma deuxième année professionnelle, en Italie. Il jouait meneur cette saison-là d’ailleurs. Ça fait plaisir de voir un visage familier et on se connaît déjà très bien tous les deux ce qui devrait rendre son intégration plus facile et on devrait se trouver plus facilement sur le terrain.

Comme tu l’as dit, tu es un joueur polyvalent. Comment vois-tu ton rôle dans l’équipe ?

Si je devais le décrire, je dirais un Point Forward (dans le jargon, un Point Forward – issu du mélange de Point Guard (meneur) et Strong Forward (Ailier fort) – est un joueur intérieur qui organise et distribue le jeu, ndlr), parce que même si je ne marque pas, je peux aider l’équipe quand-même. Je suis un leader vocal aussi. J’aime faire un peu de tout et apporter un peu partout. Je pense être un bon défenseur aussi.



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Tu aimes aussi beaucoup dribbler et remonter le ballon, avec facilité, ce qui est inhabituel pour un intérieur.

Oui, j’aime beaucoup ça. Au départ je suis un arrière, c’est le poste sur lequel j’ai commencé le basket parce que je n’étais pas si grand que ça. J’ai eu une grosse poussée de croissance et je me suis alors retrouvé à jouer à l’intérieur à cause de cela. Mais j’ai gardé cette capacité à pouvoir dribbler, remonter le ballon. J’ai continué à le travailler aussi car je savais que ça me donnerait un avantage sur le terrain. Souvent un intérieur après avoir pris le rebond recherche automatiquement son meneur pour lui donner le ballon sans rien regarder d’autre, moi pas. Ça ouvre des perspectives sur le jeu de relance de pouvoir déclencher sans passer forcément par un arrière. C’est très perturbant pour les défenses adverses aussi.

Tu as joué plusieurs années en Israël. Comment est la vie là-bas ?

Vraiment très sympa. Ce qui est agréable pour nous, les joueurs américains, c’est que la plupart des gens parlent anglais, donc on a un peu l’impression d’être toujours à la maison. Après, c’est un petit pays, donc les déplacements sont courts et on est de retour assez rapidement après chaque match. En plus, j’y ai gagné plein de matchs. Malgré tout, je pense que j’avais besoin de vivre une autre expérience, je pense que j’avais un peu fait le tour là-bas. La France m’est alors apparue comme une belle expérience à vivre.

Tu avais entendu parler de la France avant d’avoir la possibilité de signer ici ?

Oui, je regarde des matchs d’Euroligue et j’ai déjà vu jouer l’ASVEL. J’ai aussi joué contre Monaco en Champions League. J’ai aussi joué contre Pau et Dijon. Je me souviens que j’avais remarqué à l’époque que c’étaient des équipes qui avaient un jeu plus agressif et physique que celles que l’on rencontrait en Israël. C’est ça aussi qui m’a intéressé à l’idée de venir jouer en France : me confronter à un jeu plus physique.

Comment décrirais-tu le championnat français maintenant que tu es dedans ?

Physique. Ça pousse beaucoup à l’intérieur, il faut être costaud pour tenir ta place. Toutes les équipes en France ont une densité physique bien au-dessus de ce que l’on voit dans les autres pays européens. Même le jeu est plus dur. Au début ça m’a surpris au niveau des contacts, des fautes sifflées. En préparation j’ai constaté que des contacts qui sont sifflés ailleurs ne le sont pas ici. J’ai vite compris qu’il fallait passer au-delà de ça, ne pas s’attarder sur une faute non sifflée et rester concentré sur le jeu. Ça fait partie de la manière de voir le jeu en France : on laisse plus de place au défi physique. Comprendre ça en préparation m’a aidé à mieux appréhender le début de saison.

Qu’aimes-tu faire en dehors du basket ?

J’aime passer du temps avec ma famille et voyager. Forcément, avec Marcel en ce moment on est un peu occupé mais j’espère bien avoir le temps de visiter un peu la France. Ce que j’aime c’est découvrir de nouveaux pays, spécialement ceux où je vais jouer bien sûr. Dès que l’on a quelques jours de coupure dans la saison, j’aime voyager pour découvrir des endroits. Je trouverais dommage de ne pas profiter du fait que mon métier me fait voyager pour découvrir des endroits, des gens différents de ce qu’il y a aux États-Unis. Sinon, j’aime bien aussi jouer à des jeux vidéo et écouter de la musique quand j’ai juste un peu de temps libre.

À propos de Marcel… tu dors bien en ce moment ?

(Rires) Oui, au début ça a été un peu dur mais finalement il fait ses nuits. J’ai de la chance parce qu’on m’a dit que parfois ça peut être beaucoup plus… compliqué ! Il n’empêche que je ne peux pas m’empêcher, à chaque fois que je le vois, de me dire : wahou… c’est mon fils.

Qu’est-ce que tu aimes comme type de musique ?

Principalement du hip-hop et du RnB. J’écoute plus du hip-hop lorsque je me prépare pour un match, pendant l’échauffement, parce que cela m’aide à me mettre en condition et entrer mentalement dans le match. Le RnB c’est pour après le match ou après les entraînements, parce que ça me permet de me détendre.

Est-ce que tu cuisines ?

Plus ou moins. C’est principalement ma femme qui cuisine à la maison, mais ça m’arrive aussi. Je pense que je cuisine plutôt bien, en tout cas c’est ce que disent les gens. J’ai appris à cuisiner depuis que je suis en Europe. Aux États-Unis il y a des restaurants ouverts partout et tout le temps, pas en Europe. En plus, quand on est un sportif professionnel, il faut faire attention à son alimentation, donc savoir cuisiner est important pour manger exactement ce que l’on veut.

Et quel est ton plat préféré ?

Un Chicken Alfredo, mais fait maison. C’est une recette typiquement américaine mais je le fais avec une recette plus digeste : pas beaucoup de crème et de fromage et des légumes, des oignons, du poivre et de l’ail.

Quelle est ta principale qualité ?

Être authentique. C’est important pour moi que tout le monde autour de moi se sente bien à l’aise quand je dis quelque chose, qu’ils sachent que je dis ce que je pense. C’est vrai dans le basket et dans la vie courante. Je passe beaucoup de temps avec les jeunes joueurs pour leur faire profiter de mon expérience aussi et ce que je leur dis c’est toujours pour les faire progresser, pas forcément pour faire plaisir. Quand je dis quelque chose à quelqu’un, je veux qu’il sache que ce que je lui dis est vrai, que ce n’est pas juste parce que ça serait sympa à ce moment-là.

Et ton plus gros défaut ?

Parfois je suis trop altruiste. Je suis toujours prêt à aller aider les autres alors que parfois je devrais d’abord me concentrer sur moi. Ça m’est déjà arrivé de me retrouver dans une mauvaise situation parce que j’ai voulu aider des gens alors que j’aurais mieux fait de ne pas m’en occuper.


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Ton meilleur souvenir ?

Remporter le championnat d’Israël trois fois d’affilée. J’ai gagné le championnat avec l’Hapoel Honlon et deux fois avec Hapoel Jérusalem. C’est difficile de gagner le championnat d’Israël, surtout quand tu ne joues pas pour le Maccabi ! Moi, je peux dire que je l’ai fait… et trois fois ! C’est vraiment une fierté parce que c’était un sacré challenge.

Le Maccabi n’a jamais voulu t’engager ?

Je ne sais pas. Il faudrait demander à mon agent, mais il ne m’en a jamais parlé. Après, vu la rivalité qu’il y a entre Jérusalem et le Maccabi, si j’étais parti là-bas les fans m’auraient détesté… alors ce n’est pas plus mal que la question ne se soit jamais posée.

Ton film préféré ou un genre de film préféré ?

J’adore regarder des films. Mon genre préféré, c’est celui des films d’action. Je ne sais pas pourquoi mais dès qu’il y a des flingues, des histoires de trafic de drogue, ça m’éclate.

Si tu pouvais avoir un superpouvoir, ce serait quoi ?

Mon super-héros préféré c’est Batman et il n’a pas de superpouvoir... Si je pouvais avoir en avoir un ce serait la téléportation, pour pouvoir aller voir mes amis et ma famille quand je veux.

Si tu étais un animal, ou quel est ton animal préféré ?

Un lion, le roi de la jungle. J’aime la force tranquille qu’ils dégagent : ils se déplacent tranquillement, sûrs de leur puissance, sans avoir besoin d’en rajouter.

Si tu pouvais discuter avec qui tu voulais, vivant ou mort, qui choisirais-tu ?

Mohamed Ali. C’est une personne sur laquelle j’ai lu énormément d’articles, vu beaucoup de documentaires et de films. Cela fait cinq ans qu’il est mort et il reste encore très présent dans les mémoires. J’adore la boxe. J’ai commencé à m’y intéresser il y a seulement 2-3 ans, mais depuis je suis un mordu.

Une équipe de basket préférée, et tu ne peux pas dire Le Mans ?

Pas vraiment. Jeune, j’ai été fan des Thunder d’Oklahoma City mais c’était à l’époque avec Kevin Durant, Russell Westbrook et James Harden. En vieillissant, je suis plus fan de certains joueurs que d’équipes. Je suis Jayson Tatum et Royce O’Neale des Utah Jazz. Royce n’est pas un joueur connu mais, sans être aussi proches que DJ, on a grandi ensemble aussi puisqu’il vient lui aussi de Killeen et que nous sommes de la même année. J’aime aussi beaucoup De'Aaron Fox, Joel Embiid, Nikola Jokić et bien sûr Luka Dončić.

Est-ce qu’il y a une question que je ne t’ai pas posée que tu aurais aimé que je te demande ?

Pas vraiment une question, mais je voudrais souligner à quel point avoir Marcel m’a apporté. Mon fils me permet d’être un basketteur encore plus accompli en même temps qu’être un homme accompli.

Sur le terrain, mon énergie est décuplée depuis qu’il est arrivé. Je suis encore plus motivé et j’ai encore plus envie de me battre sur le terrain. Tout le monde dit que devenir père te change un homme, mais il faut le vivre pour se rendre compte à quel point c’est vrai et qu’en même temps cette phrase ne donne qu’une vague idée de ce que c’est.

Est-ce que tu as un message pour les fans du MSB ?

Continuez à venir nous encourager. On va continuer à se battre dur sur le terrain à chaque match, ça je peux vous le promettre. On a besoin de vos applaudissements et de vous sentir derrière nous et nous on fera le maximum pour que vous soyez fiers de votre équipe.

Interview réalisée par Cyril Meteyer : MSB.FR

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