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Conférence presse MSB

Le 
Mardi 14 août le MSB a organisé son traditionnel point presse de rentrée.
Photo Conf presse
Le site Basketeurope.com propose une retranscription des échanges entre les médias et le club.

Recrutement, « Affaire Youssoupha Fall », conséquences du titre de champion de France sur la vie du club, au niveau du budget, du public, des sponsors, retour à la coupe d’Europe, le président Christophe Le Bouille et le coach Eric Bartecheky n’ont pas éludé lors d’un point presse les questions qui tournent autour de l’avenir du Mans Sarthe Basket. Le président n’est jamais cachotier pour donner des chiffres.

Dans quel ordre s'est fait le renouvellement des étrangers ?
Christophe Le Bouille : Avec Eric (Bartecheky), ses assistants et Vincent (Loriot, le directeur sportif), on a tout d'abord regardé qui on voulait garder en priorité et a contrario les joueurs qui ne l'étaient pas car malgré les succès de l'équipe, on voulait la faire évoluer un peu. Mykal (Riley) ne s'est pas affiché comme une priorité, on lui a dit, il s'est vite engagé ailleurs (Chalon). Tous les autres étaient intéressants à conserver sauf que Justin (Cobbs) nous a dit tout de suite qu'il voulait jouer l'Euroleague pour le projet sportif et l'impact financier (NDLR : Il a signé au Cedevita Zagreb qui fait… l'Eurocup). On n'était plus dans la course donc on est parti sur la piste d'autres meneurs de jeu. Chris (Lofton), on a essayé, on s'est beaucoup battu, on a fini par trouver un accord avec son agent et c'est Chris qui ne s'est pas senti de nous rejoindre, il avait besoin apparemment de couper un peu plus longtemps que ça. Il nous a fait un gentil mot… On avait fait l'effort financier, on payait même, je pense, un peu au-delà de sa valeur mais on estimait que pour garder des joueurs qui avaient gagné le trophée l'année dernière, il fallait que l'on soit capable de le faire, mais il n'est pas resté pour autant. Romeo (Travis) a voulu tout de suite monnayer son titre de MVP des finales. Voilà. On avait trouvé un accord avec DJ (Stephens), on était très content lui comme nous. Il y avait juste cette histoire de clause NBA qu'il a donc actionné avant la date limite. On est content pour lui mais déçu pour nous.

Avec quelle franchise a-t-il signé ?
CLB : A ce jour, il n'a pas encore signé, je crois, mais il a eu l'offre. Il nous a envoyés le document, il a fait les choses dans les règles.

Est-il possible que Chris Lofton vous rejoigne en cours de saison ?
CLB : Ce n'est pas à l'ordre du jour puisque le recrutement a été fait en fonction de son non retour. A aujourd'hui, il n'y a pas de place gardée pour lui mais il est déjà venu deux fois, on verra. Il faut que nous, on ait le besoin à ce moment-là, que l'on ait les finances, que Chris soit sur le marché. Cette année, il est venu parce qu'il y avait une blessure (NDLR : Pape-Philippe Amagou). Mais, non, aujourd'hui ce n'est pas prévu.

Il manque un power forward ?
EB : Un poste 4, oui, que beaucoup d'équipes cherchent, Chalon, Strasbourg. Il y a différents joueurs sur le marché mais il faut trouver le profil qui correspond à celui que l'on recherche. Ce n'est pas évident.

Les tarifs baissent un peu actuellement ?
EB : Ce n'est même pas tellement une question de tarifs, c'est simplement qu'il faut étudier les différents profils et se dire qu'il faut le joueur qui correspond à nos besoins aussi bien au niveau du basket que de la personnalité pour la complémentarité avec les autres joueurs. Plusieurs équipes cherchent et on voit que ça prend du temps car ce n'est pas simple. On aimerait bien avoir un 4 shooteur à 3 Pts. Petr (Cornelie) peut bien entendu aussi shooter. Ce qui doit nous guider, c'est qu'il faut que ce soit un bon joueur, qui dans l'idéal possède du physique, de l'expérience, du talent. Ça coûte cher et ce n'est pas facile à cette époque-là de trouver un joueur qui ait toutes ces caractéristiques. Il faudra forcément s'asseoir sur certains côtés. C'est tout l'objet de la réflexion que l'on est en train de mener tous ensemble.
CLB : On s'est dit qu'il n'y a pas d'urgence absolue. On est prêt à patienter encore un peu pour essayer d'avoir ce fort joueur avec toutes ces caractéristiques. On en a eu des propositions de joueurs intéressants, corrects, mais que l'on n'estime pas au niveau souhaité par nous.

Y a-t-il une poire pour la soif pour avoir ensuite un joueur supplémentaire ? Vous n'avez pas encore le quota d'Américains ?
CLB : Les règles n'ont pas changé, on est toujours sur la base d'un un effectif à 10 d'avoir 4 JFL, 4 non-JFL c'est-à-dire souvent 4 Américains et 2 Bosman. On a Terry (Tarpey) qui joue comme Bosman (NDLR : il est français mais non JFL) alors que Richard Hendrix est macédonien. On a donc nos deux Bosman et effectivement on a encore une marge côté américain.

L'année dernière, vous étiez à neuf sans jouer de coupe d'Europe et cette année en disputant la Champions League, vous partez avec le même nombre de joueurs ?
EB : A neuf, c'est envisageable dans la mesure où des joueurs peuvent jouer sur plusieurs postes. Antoine (Eito) peut bien sûr mener le jeu derrière (Juice) Thompson mais aussi jouer à côté de lui. Et on aura besoin par séquences d'avoir cette ligne-là. (Demetrius) Conger joue en 3 et pourra dépanner un peu en 4. Je pense aussi que Petr (Cornelie) sur quelques minutes peut dépanner sur le poste 5. Avec deux matchs par semaine, on peut moduler les choses dans un premier temps. Après, on avisera suivant le déroulé de la saison, les résultats, l'analyse que l'on fera. Vous avez raison de le souligner quand même. On commence à Levallois le 23 septembre et en dix semaines, on aura réalisé dix-huit matchs. On va aussi tous ensemble observer l'équipe, le rendement de chacun, sa complémentarité durant la préparation, ça va déjà nous apporter des pistes de réflexion. Mais ce n'est pas à l'ordre du jour qu'il y ait des modifications, on part comme ça.
CLB : A part Thomson et Hendrix, qui sont des postes 1 et 5 définis, les autres peuvent tous évoluer sur deux postes. C'est un choix qui a été fait de partir sur neuf avec des espoirs compétitifs à côté pour assurer la qualité de l'entraînement et faire les dixièmes. Et pour répondre à la question précédente : financièrement, oui, on a encore un peu de marge avec déjà une belle enveloppe pour le poste 4.

La stratégie de beaucoup d'équipes, c'est d'avoir une équipe quelque peu différente au moment d'attaquer les playoffs ?
CLB : Ça peut être un moyen pour éventuellement se renforcer en fin de saison mais c'est toujours dangereux. On se rappelle des exemples qui ont marché, de joueurs qui sont venus renforcer une équipe pour l'amener au titre. On pense à Limoges ou Villeurbanne. Ça peut nous traverser l'esprit mais aujourd'hui, ce n'est pas cette logique-là. Ca peut être dangereux par rapport à la gestion des garçons, leurs égos quand ils ont œuvré toute l'année pour amener l'équipe à ce niveau-là et sur les moments décisifs, tu leur dis " tiens, il y a un joueur de plus sur tel poste donc tes minutes vont disparaître. " Pour nous, cette possibilité-là, honnêtement, c'est plus pour faire face à des blessures et être capable de remplacer un joueur blessé par quelqu'un d'aussi fort. Ça a marché l'année dernière malheureusement pour Pape (Amagou). On a pu prendre quelqu'un de très fort derrière, Chris Lofton. A la base, il n'était pas prévu dans l'équipe donc pas dans la masse salariale mais le fait de nous donner un peu de marge nous a permis cela.

A propos de Youssoupha Fall, la pilule est-elle digérée ?
CLB : J'ai fait un communiqué, j'ai dit ce que j'avais à dire, je vais en parler une dernière fois. A partir du moment où Vitoria paye le buyout, il fait ce qu'il veut. Ce n'est pas un sujet. Strasbourg a saisi une opportunité, j'aurais peut-être fait pareil. Je n'en veux pas particulièrement à Strasbourg. Après, il y a quand même des choses dans le communiqué de Martial Bellon qui m'interpelle un peu mais je ne veux pas relancer le débat. Que Youssoupha ait eu envie de quitter le club après six ans, je peux le comprendre aussi même si ça me chagrine. Ce que je comprends beaucoup moins, c'est son agent, Bouna Ndiaye, et le communiqué qu'il a fait. Dire que Youssoupha va à Strasbourg parce qu'il va travailler avec Vincent Collet, d'une c'est un manque de respect pour notre staff car ça veut dire que l'on ne travaille pas bien. Je le prends mal car j'ai plutôt le sentiment qu'on l'a bien développé le garçon. Et deux surtout, c'est faux car avant d'atterrir à Strasbourg, il a été proposé à d'autres clubs français et à ma connaissance Vincent Collet n'est pas coach dans d'autres clubs français. J'ai très mal vécu et je vis ça toujours très mal. J'espère simplement que Youssoupha aura un très bon accueil ici car il le mérite, c'est un bon garçon et j'ai beaucoup d'affection pour lui et je serai heureux de le revoir.

C'est difficile de se fâcher avec quelqu'un qui est à la tête d'une grosse agence, Comsport ?
CLB : Il y a des façons de faire les choses qui ne passent pas. Je sais bien que l'on est dans un milieu professionnel, je ne suis pas complètement naïf, j'ai quelques années d'expérience maintenant, mais il y a des choses qui ne passent pas entre ce que l'on se dit et ce qui se passe derrière que je n'ai pas envie de mettre sur la place publique plus que ce que je l'ai déjà fait.

Parmi les espoirs du club, comme Mathieu Gauzin, médaillé d'argent au Mondial U17 cet été, Kenny Baptiste et Jacques Eyoum, médaillés de bronze à l'Euro U18, combien sont susceptibles de rentrer chez les pros cette année ?
CLB : Sincèrement, je n'en sais rien. Il y en a que l'on suit d'un peu plus près en qui on a davantage d'espoirs. Kenny Baptiste a de vraies aptitudes, c'est clair. Matthieu Gauzin est très prometteur. Brahim (Dohou) sort d'une année tronquée à cause des blessures mais je me souviens de lui avant, il a aussi beaucoup de qualités intéressantes. Trois ou quatre joueurs vont sûrement accompagner l'équipe cette année aux entraînements quotidiens. Parmi ceux-là, il y en a certainement qui sont voués à une carrière mais c'est encore un peu tôt pour savoir.

Qu'attendez-vous de Petr Cornelie que le club récupère suite à un prêt à Levallois ?
EB : Qu'il soit comme chaque joueur au maximum de ses possibilités. C'est notre boulot d'utiliser ses caractéristiques et ses qualités pour qu'il puisse être performant dans le cadre d'une équipe pour qu'elle gagne. C'est un joueur qui a une certaine aisance sur le terrain dans la course, il a de grands bras, il est long. Il peut aussi tirer à 3 Pts même si ce n'est pas un spécialiste comme certains postes 4 qui vont en prendre 4-5 dans un match, qui ont de la régularité dans l'efficacité. C'est aussi pour moi une découverte. On a beau voir évoluer les joueurs de l'extérieur, là quand il était à Paris, on les connaît forcément que lorsqu'on les a au quotidien, que ce soit dans sa façon de réagir, sa mentalité et même sur le terrain. Le fait que l'on n'est pas d'autres postes 4 pour l'instant fait que sur les premiers matches amicaux, à moins qu'il y ait un joueur qui arrive rapidement, il va avoir du temps de jeu et ça va me permettre d'appréhender la relation avec plus de finesse.

Eric, l'année dernière vous êtes arrivé alors que le recrutement était déjà avancé. Cette année, vous avez eu les pleins pouvoirs ? Cette équipe va plus vous ressembler ?
EB : Déjà, le recrutement c'est un travail d'équipe. J'ai vécu différentes façons de fonctionner dans différents clubs mais le MSB a une cellule de recrutement qui est efficace. Vincent (Loriot), le président, connaissent beaucoup de joueurs, il y a un travail approfondi. C'est un travail d'équipe, d'échanges. On valide les choix ensemble. C'est toujours délicat de dire que cette équipe me ressemblera plus car entre le début d'un recrutement où l'on a une certaine idée de certains profils, on a essuyé certains refus, le marché fait un peu sa loi. On est donc parfois obligé d'aller sur certains profils qui ne correspondent pas forcément à l'idée de départ et même si le joueur que l'on a nous séduit et que c'est un bon joueur, il a des caractéristiques différentes. Le challenge c'est aussi de s'adapter et c'est intéressant. Au début sur le poste extérieur, on était parti sur un 3-2 ou un 2-3. On a fait des propositions à certains joueurs qui ont refusé. Après il en reste moins, on a dû faire un choix et on est allé sur Conger qui est plus à la base un 3. C'est tout. Souvent l'atterrissage est éloigné de ce que l'on aimerait avoir au départ.

Le meneur Juice Thompson, vous le connaissez bien pour l'avoir eu à Pau ?
EB : Le fait qu'il ait déjà évolué dans le championnat, pas forcément avec moi, ça nous offre certaines garanties. Ça ne veut pas dire qu'il sera aussi performant qu'il l'a été à Pau. Je le souhaite mais il y a tellement d'aléas. Mais on connait le joueur, on sait qu'il connaît le jeu, qu'il est intelligent, qu'il possède un tir à 3 Pts, etc.

Avez-vous envisagé une prolongation du contrat d'Eric Bartecheky ?
CLB : Il a encore deux ans de contrat. On avait signé 2+1, c'est-à-dire qu'il y avait deux ans garantis et que selon les résultats, c'est-à-dire un minimum d'objectifs -je ne parle pas du titre-, il y avait une troisième année automatique. C'est le cas. Donc une prolongation de contrat n'est pas à l'ordre du jour. On en parlera sûrement en cours d'année.

Antoine Eito, Wil Yeguete et Petr Cornelie sont aussi sur leur dernière année de contrat ?
CLB : Les JFL, c'est un mode de recrutement particulier. On se penchera forcément rapidement sur la question dans la saison. On ne va pas attendre le mois de juin de l'année prochaine pour s'occuper des JFL. C'est le rôle du club d'anticiper.

A l'inverse, vous avez conclu un contrat avec Terry Tarpey d'une durée rare puisqu'il a été prolongé jusqu'en 2022 ?
CLB : Terry, c'est quelqu'un qui ressemble beaucoup au club. Je suis ravi de pouvoir travailler avec lui sur la durée et qu'il devienne une image forte du MSB. Ce qui freine souvent sur les contrats longue durée dans le basket, c'est un possible relâchement des joueurs, surtout Américains. Terry a beau être franco-américain, je n'ai aucun doute sur sa volonté de faire toujours plus et toujours mieux.

Avez-vous eu le temps d'apprécier le titre, de le fêter ?
CLB : Sincèrement, c'est allé beaucoup trop vite. On est champion le 24. Ça a été compliqué de revenir au Mans dans la nuit du dimanche au lundi. Les joueurs en ont profité cette nuit-là. Tant mieux. J'ai encore les images en tête du lundi aux Jacobins. C'était génial. Ça restera un grand souvenir à jamais pour le club. Le mardi midi on s'est fait un barbecue entre nous ici (NDLR : à Antarès) avec les joueurs, au revoir, et voilà. Mais on a pris tellement de retard dans notre travail… Sur le plan sportif, tant que l'on était en course il ne s'agissait pas de se projeter sur la saison d'après. D'un point de vue administratif, commercial, marketing, du suivi budgétaire, pareil. Il y a eu treize matchs en un mois et il a fallu que tout le club travaille dessus et ne pense qu'à ça. Et puis il faut quand même prendre un peu de congé. Début juillet ça a été très intense. On n'a pas spécialement savouré plus que ça. Le seul moment magique ça a été le lundi soir aux Jacobins.

Est-ce un nouveau cycle qui commence après le titre de champion et le retour de la coupe d'Europe ?
CLB : Non, pour moi, le nouveau cycle a commencé l'année dernière avec la saison difficile que l'on avait traversé et tous les changements que l'on a décidé d'apporter au club au niveau du staff technique avec l'arrivée d'Eric et pour plein d'autres raisons. Là, on est dans la continuité, on revient à la coupe d'Europe, ce qui est la normalité pour un club comme le MSB.

Vous pensez être attendu dans les salles en tant que champion de France en titre ?
EB : Je ne raisonne pas du tout comme ça, je ne suis pas concentré sur ça. Je pars du principe que l'on remet les compteurs à zéro. On se retrouve tous sur la ligne de départ. On aura des atouts, je l'espère, mais je sais aussi que les autres équipes en auront et beaucoup. Je suis uniquement concentré sur le fait de préparer l'équipe pendant six semaines et neuf matches amicaux pour la rendre la plus compétitive possible. Bien entendu, on est très satisfait d'avoir eu le titre, c'était une joie immense pour tout le monde mais c'est derrière. Sans tomber dans le négatif, on a vu que Chalon a été l'an dernier en difficulté, mais il y a eu plein d'autres champions sur les autres années, et Le Mans en fait partie, qui l'année d'après on fait des saisons correctes. Il faut surtout se concentrer sur notre équipe de cette année et travailler avec humilité, détermination et sérieux. L'année dernière, durant les matches amicaux, lorsque Chalon-sur-Saône était présent dans les tournois, j'entendais tout le temps " champion de France. " Oui, champion de France, mais l'équipe qui est sur le terrain la saison suivante, elle n'est pas championne de France. C'est une nouvelle équipe avec de nouveaux visages et tout est à faire. On n'empêchera pas le speaker ou l'environnement de dire des choses mais nous en tant qu'acteurs, on est complètement tourné vers l'avenir et on sait que tout est à faire.

A votre avis, y aura-t-il un bon coup à jouer en Champions League ?
EB : On sait qu'il y a de très belles équipes mais on est des compétiteurs et on a envie d'être performants sur les deux tableaux. On sait que les matches vont s'enchaîner, 18 matches sur les 10 premières semaines, et on va vouloir gagner ces matches qui se présentent devant nous, en championnat, en coupe de France et en coupe d'Europe.

En savez-vous davantage sur ces équipes de BCL dont les effectifs commencent à s'affiner ?
EB : On va s'y mettre. Actuellement, on est concentré sur le poste 4, la préparation avec les arrivées des joueurs, on doit gérer quelques décalages sur les joueurs qui arrivent. Une préparation, ça va vite. On s'aperçoit que le nombre d'entraînements entre les matchs, ce n'est pas aussi énorme que ça. Il y a des nouveaux joueurs, des principes à mettre en place, à adapter un petit peu en fonction de ce que l'on peut voir durant les matches amicaux, des arrivées parfois un peu en décalage, on est préoccupé par ça, mais bien entendu avec le staff on va vite regarder les équipes du championnat de France et européenne.

Quel est le budget dont va disposer le MSB pour cette saison post-champion de France ?
CLB : Il y a deux variations significatives. Il y a un bonus versé par la Ligue Nationale de Basket sur ce titre de champion de France pour l'exercice en cours. Et puis le buyout payé par Vitoria. Ça change considérablement la donne à notre échelle puisqu'on va partir sur un budget prévisionnel à 6,5M€ là où l'année dernière on avait 5,5M€. Il y a ensuite des ajustements à la marge. Si on fait la coupe d'Europe, on a mécaniquement plus de matchs donc plus de recettes mais aussi plus de dépenses en face. Ce n'est pas ça qui change beaucoup de choses sur la masse salariale. La preuve, l'année dernière on avait quasiment la même masse salariale qu'il y a deux ans alors que le budget n'était pas le même. Alors que là, forcément, la masse salariale est en augmentation par rapport à l'année dernière.

Quel est le montant du bonus versé par la ligue ?
CLB : 300.000 euros.

Une partie va aux joueurs ?
CLB : Non. Les joueurs ont touché de l'intéressement sur leurs résultats de l'année passée et c'est dans mon dernier exercice comptable alors que le bonus de 300.000 est versé cette année. L'intéressement, c'est ce que j'explique aux joueurs, c'est ce qu'ils me font gagner en plus vis-à-vis du prévisionnel. Sur le fait de remplir la salle, d'avoir des recettes guichets supérieures au prévisionnel. C'est eux qui ont touché mais le club va finir évidemment en positif le dernier exercice mais on ne va pas gagner des centaines de milliers d'euros.

Vous touchez aussi une prime du fait de participer à la Champions League ?
CLB : 50.000 euros.

Monaco est passé en Eurocup. Avec le recul, vous ne regrettez pas de vous être inscrit en BCL ? Les données n'ont pas changé ?
CLB : Non. Je n'ai pas changé d'avis là-dessus. C'est dur de faire confiance aujourd'hui aux gens de l'Eurocup. Des gens qui ne respectent pas les fenêtres internationales, ça me pose un vrai problème. A un moment donné, il va falloir faire des choix. Je ne sais pas comment faire pour jouer un match de Coupe d'Europe, de Jeep Elite, libérer des internationaux pour jouer avec leurs sélections car on ne parle pas que des joueurs français. C'est dur de faire confiance à ces gens-là qui vous disent des choses, qui reviennent dessus, qui reviennent encore dessus, et encore dessus. Le discours de la BCL est très carré. Cette année les effectifs ne sont pas encore finalisés partout mais si on regarde les plateaux des deux compétitions de l'année dernière, les quatre derniers de l'Eurocup étaient plus forts que ceux de la BCL. Mais si vous prenez le top 16, je ne crois pas qu'il y ait de différence. Objectivement. Je ne vois pas pourquoi on privilégierait l'Eurocup qui ne respecte pas les instances internationales, qui respecte moins la santé des joueurs, au détriment de la FIBA.

L'année dernière, vous avez battu vos records de spectateurs ?
CLB : Oui. 5.400 de moyenne avec neuf guichets fermés dont les cinq derniers matchs. C'était juste exceptionnel.

Y a-t-il un surcroît d'abonnements ?
CLB : C'est trop tôt pour savoir. On est encore en période de réabonnement. On donne toujours une longue priorité à nos fidèles abonnés pour renouveler leurs engagements.

Et au niveau du sponsoring ?
CLB : On est dedans aussi. Oui, il y a des évolutions. Il y a quand même un titre de champion. Après, on ne va pas se mentir, on est à l'échelle du basket, au Mans. Ce n'est pas parce qu'on est champion de France que je vais faire venir une grosse société nationale ou internationale. Par contre, le budget va être à la hausse au niveau des partenaires. Les retours sont évidemment bons. Je ne comprendrais pas que ça soit autrement vis-à-vis du spectacle que l'on a proposé l'année dernière, des résultats, des relations que l'on a instaurées avec eux depuis des années, forcément les retours sont bons.

N'avez-vous pas une forme de pression lors de cette saison qui suit un titre de champion de France, ce qui est exceptionnel étant donné le décalage de budget vis-à-vis de certains clubs et le fait aussi que vous aviez une équipe très sexy comme il en survient une tous les cinquante ans ? Les gens ne risquent-ils pas d'être déçus par des résultats qui pourraient être moins bons ?
CLB : Il y a forcément ce risque-là. On a fait un peu les montagnes russes en deux ans mais -Eric l'a dit tout à l'heure-, on est très fiers de ce que l'on a fait mais on a tourné la page. On se projette sur une nouvelle saison avec de nouveaux joueurs et ça va forcément être différent. L'idée, c'est toujours en priorité de gagner des matches et après de produire du jeu pour avoir du spectacle pour que les gens aient envie de revenir, en détachant ça du résultat pur et dur. Il y a forcément un risque que ça soit moins bien. A nous de travailler et de proposer autre chose avec une autre intensité. On a souvent fait allusion à DJ (Stephens) en matière de spectacle et à Youss (Fall), mais je crois que tous étaient spectaculaires dans leur rôle. Un (Justin) Cobbs, c'était spectaculaire, à sa façon. Un (Terry) Tarpey, un (Antoine) Eito, (Romeo) Travis, Wil (Yeguete), tous ont été spectaculaires, tous ont apporté quelque chose. On s'est focalisé sur les jumps de DJ à juste titre et la taille de Youssoupha mais le spectacle ce n'est pas uniquement sauter très haut et faire 2,20m. On doit être capable de proposer du spectacle autrement. Après, je serais ravi de retrouver un DJ Stephens et j'aurais été ravi de garder Youssoupha. Ce n'est pas de la pression. Il y a une nouvelle attente, les gens vont vouloir que l'on confirme. Je crois que je ne suis pas monté très haut l'année dernière dans les tours quand on a gagné et produit des choses, autant cette année je ne descendrai pas très bas. Mais je sais très bien que les critiques vont vite revenir. Et pour pas mentir, ça a déjà commencé. Je reçois des mails, c'est hallucinant. L'effectif n'est pas encore définitif, on n'a pas encore commencé les matches… Des mails de pseudos supporters… C'est la règle du jeu. On va avoir des moments difficiles et il va falloir être capable de les surmonter. On a un club qui est, je pense, solide et sain. Il faut être positif et partir avec l'idée que l'on va faire quelque chose de bien.

Pour revenir au sponsoring. Le fait que votre voisin, Le Mans FC, soit remonté en National a-t-il un impact sur le MSB ?
CLB : Honnêtement, pour l'instant, non. On est quand même champion de France en titre, ça serait malheureux que des partenaires nous quittent cette année. C'est plus des sociétés qui vont faire l'effort d'augmenter leur participation au niveau du Mans FC sans venir chercher sur notre budget. Il y aura toujours des exceptions mais pour l'instant je n'ai pas eu ces retours-là. Par le passé, Le Mans FC était en Ligue 1 et nous en coupe d'Europe et on était capable de cohabiter et d'exister.

Cette année, il n'y a pas de Match des Champions ?
CLB : C'est fini. La ligue a décidé d'arrêter parce que ça ne prenait pas. Il n'y avait pas d'engouement populaire, les médias avaient du mal à se passionner pour l'événement. La ligue a constaté que c'était plus une contrainte qu'autre chose pour les clubs concernés, que ça venait aussi perturber leur préparation en nous imposant un match à une certaine date.

Que pensez-vous du fait que RMC Sport prenne le relais de SFR Sport ?
CLB : Je pense que le fait de s'appeler RMC ça peut permettre au public de mieux identifier la chaîne que SFR. Il y a aussi la force du groupe RMC, leur savoir-faire en matière sportive. Après, il est toujours question qu'il y ait à un moment donné des matches diffusés en clair, ce qui n'a pas été le cas la saison dernière car Numéro 23 était en pleine réorganisation interne et RMC a considéré qu'il fallait une ligne éditoriale et que ce n'était pas avec la 23. J'espère qu'il y aura ces matches en clair cette année.

Quelle est la dotation télévisée pour les clubs ?
CLB : Je crois que ça a légèrement baissé mais il y aura toujours le même principe, à savoir une prime pour ceux qui sont le plus diffusés. Je crois qu'il y a eu 34 matches du MSB diffusés la saison dernière et que l'on a dû toucher 55.000 euros. Alors, oui, c'est nous qui avons touché le plus d'argent de la ligue à ce titre, oui certains clubs n'ont quasiment rien touché -un club comme Toulon, c'est d'ailleurs peut-être légitime qu'il ne touche rien-, mais par rapport à nos concurrents directs, ce n'est pas là-dessus que l'écart se fait. Strasbourg a peut-être touché, 45.000 euros.

Le chiffre du buyout de Youssoupha Fall de 500.000, c'est officiel ou officieux ?
CLB : C'est beaucoup moins que ça pour le club. Il y a des euros et des dollars. N'oubliez pas aussi que l'agent prend sa commission ! Ce qui explique certaines choses aussi, je vous assure. Donc c'est moins de 400.000 euros net pour le club. Ce qui est très bien, pour le basket c'est une belle somme. J'en suis très content, ça me parait justifié.

C'est peut-être la plus grosse somme de buyout de l'histoire du basket français hors NBA ?
CLB : Je ne sais pas combien Moustapha Fall a été transféré en Turquie. Ça ne devait pas être le même montant. Il ne faut pas non plus oublier l'arrivée de Youssoupha, le risque que l'on a pris, tout ce que l'on a mis en place pour le développer, tout ce que cela a coûté. Si demain je fais le total de tout ce qu'il a coûté en six ans par rapport au buyout, je ne suis pas sûr que l'on gagne grand-chose.

Et au final, vous en n'avez profité qu'un an ?
CLB : C'est bien pour ça que je redis que j'aurais préféré en profiter encore un an quitte à ce qu'il parte libre ensuite. Pour moi, le plus important, ce n'est pas de toucher de l'argent sur un transfert. Après, il veut partir, il y a un transfert, je vais prendre l'argent, mais ce n'était pas la priorité. Ce n'est pas notre modèle économique. Il y a des clubs de foot qui fonctionnent comme ça, qui ont besoin de former des jeunes pour les revendre très cher, ils s'autofinancent comme ça. Au basket, ce n'est pas le cas.

Comment avez-vous perçu le fait que Jonathan Jeanne ait repris le basket ?
CLB : Je suis inquiet. Je ne suis pas médecin, simplement j'ai lu ce qui a été écris sur son cas. Il y a un risque mortel, il n'y a pas d'autres termes. Je ne suis pas compétent pour juger le fait qu'un médecin américain estime qu'il soit apte à jouer simplement je fais confiance aux médecins français et aux médecins américains qui l'avaient vu en NBA pour dire qu'il y a un risque aussi infime soit-il. Maintenant, Jonathan est un grand garçon. Il décide ce qu'il veut, bien évidemment. Mais, oui, je suis inquiet et ça me rend malade parce que je n'ose pas imaginer ce qui pourrait se passer.

Article à retrouver sur le site BasketEurope qui propose des articles Premium réservés à ses abonnés.

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Le numéro 8 du magazine de BASKET EUROPE qui regroupe les meilleurs articles PREMIUM du mois met en Une Le Mans Sarthe Basket et son capitaine Romeo Travis élu MVP de la finale du Championnat. Le directeur sportif Vincent Loriot dresse le portrait de chacun des champions de France 2018. BASKET EUROPE se pose aussi la question : avec le développement économique de quelques clubs de pointe (Villeurbanne, Strasbourg, Monaco), n’est-ce pas avec ce cinquième titre manceau la fin des contes de fée pour les clubs aux budgets moindres ?

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